Témoignage de Fernand Morin, un compagnon de détention de Marcel Callo

Fernand Morin a croisé le chemin de Marcel Callo, dans la ville de Gotha en Allemagne. Tous deux ont partagé une cellule pendant près de deux mois, arrêtés avec 10 autres camarades pour « action catholique ». En 2000, lors du 55e anniversaire de la mort de Marcel Callo, Fernand Morin était venu raconter son histoire à Rennes.

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Fernand Morin est né en 1920. Il vivait à Flers, dans l’Orne, où il était ouvrier horloger et membre de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC).

Sa fille, Dominique, était présente le 19 mars 2015 à Rennes pour la commémoration du 70e anniversaire de la mort de Marcel Callo. En 2014, elle a rassemblé dans le livre « Résistances chrétiennes dans l’Allemagne nazie, Fernand Morin, compagnon de cellule de Marcel Callo » tous les témoignages et documents autour du groupe de Gotha, dont son père et Marcel ont fait partie, et publié des archives inédites de cette période. Elle a bien voulu nous partager les notes prises par Fernand Morin pour son témoignage à Rennes en 2000, lors d’un dîner qui réunissait les amis de Marcel Callo et une délégation du diocèse de Linz (Autriche) où se trouvait le camp de Mauthausen.

Extraits de l’intervention de Fernand Morin à Rennes le 19 mars 2000

Fernand Morin
Fernand Morin en 2005, chez lui

« Réquisitionné en octobre 1942 (avant la loi sur le service obligatoire), j’étais le seul du convoi à comprendre la langue allemande et de ce fait fut nommé interprète et responsable du groupe français de Gotha. Beaucoup de jeunes, coupés de leurs habitudes, de leurs familles, au milieu de cet exil forcé se trouvèrent désorientés et très vite les bas instincts émergèrent. Les jeunes chrétiens, JOC, JIC, JAC, scouts, séminaristes, et aumôniers bien sûrs réagirent très vite et se regroupèrent…

Par mes occupations générales, toujours inverses des heures de l’usine, je n’ai pu assister à aucune des réunions qui se firent au camp entre ces « Fédéraux » des villes voisines qui se retrouvèrent de temps à autre dans des sites différents. Le 1er avril 1944, à quelques jours de Pâques, je fus interrogé pendant 48 heures sur les noms de onze militants inscrits sur un dossier sur lequel se référaient les officiers de la Gestapo. Je pouvais donc nier en toute bonne foi et ne reconnaître que mes compagnons de Gotha, André Vallée et son frère Roger, séminariste de Mortagne, ainsi que l’abbé Lecoq ancien aumônier des prisonniers de guerre…

N’étant qu’un compagnon secondaire, ils arrêtèrent tous mes futurs compagnons et je signais un avertissement par lequel je serai arrêté moi-même au moindre écart. Je retrouvais la prison en juillet dans la cellule même de Marcel Callo, garçon jocial, direct, très mystique, chaleureux, écrivant très souvent sur des petits bouts de papier, des « lettres » qui parvinrent à sa famille, à sa fiancée, Marguerite qui tenait une grande place dans son cœur, et en dernier à ses compagnons de travail de Zella-Mellis…

Un compagnon de son ancien camp de travail avait réussi à obtenir d’un prêtre allemand, une hostie consacrée, enfermée dans une petite boite en métal… Elle a transité jusqu’à Gotha dans les poches d’un autre compagnon, Henri Choteau. Ce n’est qu’au bout de quinze jours qu’il put enfin passer son trésor dans les mains de l’abbé Lecoq, qui la partagea entre tous…

Croix immortelles
La croix, réalisée en immortelles dans la prison de Gotha, a été donnée à l’Église en 2013 par Fernand Morin comme un témoignage de l’engagement des catholiques français contre la barbarie nazie

Par un jour de juillet, les allemands eurent la bonne idée de nous réunir tous dans une grande même cellule (tous sauf un car Louis Pourtois de Besançon fut jugé trop faible pour les gros travaux et fut astreint à casser du petit bois dans la cour de la prison). Cette cellule était nommée « l’Eglise » du fait que longtemps auparavant un pasteur protestant venait évangéliser les détenus d’alors.

L’abbé Lecoq avait réussi à conserver un missel, un autre avait son chapelet, et puis il y eut aussi ce bouquet d’immortelles que Camille Millet rentra clandestinement et dont il façonna une croix. Fixée au mur, elle fut bénie par Jean Lecoq…Elle est rentrée en France intacte, devenant ainsi le symbole de notre résistance spirituelle.

Puis un soir, ils furent informés du départ matinal pour Buchenwald et Dachau. Je restais là encore pour quelques semaines. Le désir de tous était de se retrouver après la guerre tous autour de la croix. Je la sortis clandestinement le lendemain matin, la remis à un prisonnier de guerre qui m’est resté toujours inconnu, en le priant de la rentrer en France et d’en prendre soin. Les compagnons ne purent entrer à Buchenwald et furent acheminés au camp de Flossenbourg…

Marcel Callo porte en lui ses compagnons de misère. Sa foi s’est enrichie comme chacun de l’union avec les autres. Son rayonnement continue dans les communautés de paroisses nouvelles qui portent son nom bien au-delà de la France… »

EN SAVOIR PLUS :

  • L’expérience de Fernand Morin est racontée par sa fille, Dominique Morin, dans le livre « Résistances chrétiennes dans l’Allemagne nazie. Fernand Morin, compagnon de cellule de Marcel Callo ». Éditions Karthala, 2014.

Un signet gratuit pour faire connaître Marcel Callo

Signet Marcel Callo
Signet Marcel Callo

 

Un signet hommage à Marcel Callo, réalisé par le diocèse de Rennes, est diffusé gratuitement à la basilique Notre-Dame de Bonne Nouvelle et dans les évènements liés à cet anniversaire.

Le signet est en carton blanc et découpé autour de la silhouette de Marcel Callo.

 Au recto

Avec le portrait de Marcel Callo et ses dates de naissance et mort (6 décembre 1921 – 19 mars 1945), un extrait de l’homélie de saint Jean Paul II lors de la béatification le 4 octobre 1987 à Rome :

« À nous tous, laïcs, religieux, prêtres ou évêques, il relance l’appel universel à la sainteté ; une sainteté et une jeunesse spirituelle dont notre vieux monde occidental a tant besoin pour continuer d’annoncer l’Évangile à temps et à contretemps ! »

 Au verso

Un extrait de la dernière lettre écrite par Marcel Callo en prison le 6 juillet 1944, 3 mois après son arrestation par la Gestapo et 8 mois avant sa mort  dans le camp de Mauthausen:

« Heureusement, il est un Ami qui ne me quitte pas un seul instant et qui sait me soutenir et me consoler dans les heures pénibles et accablantes. Avec Lui l’on supporte tout.

Combien je remercie le Christ de m’avoir tracé le chemin que je suis en ce moment. Quelles chics journées à lui offrir ! Combien mon offrande journalière doit Lui être agréable !

Toutes mes souffrances et difficultés je les offre pour vous tous, mes bien chers parents, pour ma petite fiancée, pour Jean, afin que son ministère soit fécond ; pour tous mes amis. Oui, combien il est doux et réconfortant de souffrir pour ceux qu’on aime… »

> On peut se procurer aussi ce signet à la Maison diocésaine de Rennes, 45 rue de Brest, Tél. 02 99 14 35 35,

Toute la journée du 19 mars 2015 en photos

Un reportage photo a été assuré toute la journée du 19 mars 2015 pour le 70e anniversaire de la mort de Marcel Callo. Retrouvez, ci-dessous, les albums réalisés sur la page Facebook de l’évènement : http://www.facebook.com/marcelcallo70ansapres.

> Cliquez sur les titres des albums pour vous y rendre… Accès possible même sans inscription sur Facebook.

  • Fresque Marcel Callo
    Au pied de la Basilique ND de Bonne Nouvelle de Rennes, le collectif de graffeur La Crèmerie réalise une fresque de 40 mètres sur l’histoire du bienheureux Marcel Callo.
Fresque Marcel Callo, place Sainte-Anne à Rennes
La fresque Marcel Callo, place Sainte-Anne à Rennes, en cours de finition par les graffeurs.

 

  • Visite de Rennes sur les pas de Marcel Callo
    L’Office du tourisme de Rennes a créé une nouvelle visite de la ville autour du personnage de Marcel Callo et de la ville pendant la Seconde Guerre Mondiale. Une délégation en lien avec Marcel Callo a inauguré cette visite, animée par Gilles Brohan, responsable du service « Rennes, métropole d’art et d’histoire » de l’Office du Tourisme.
Visite guidée
Début de la visite guidée sur les pas de Marcel Callo, au monument des martyrs de la résistance et du nazisme à Rennes

 

Inauguration fresque
Mgr d’Ornellas trace une croix à la bombe sur la fresque pour son inauguration.

 

  • Messe d’action de grâce pour Marcel Callo
    Dans cette Basilique Notre-Dame de Bonne Nouvelle, à l’époque nommé Saint-Aubin, Marcel Callo a été baptisé et assistait à la Messe tous les jours avant d’aller travailler à l’imprimerie. Messe présidée par Mgr d’Ornellas.
Messe
Messe d’action de Grâce pour Marcel Callo, dans l’église où il a été baptisé et où il assistait à la messe tous les jours avant d’aller travailler

 

Concert hommage
Concert hommage

 

Le 19 mars en direct sur Facebook : suivez les manifestations autour de Marcel Callo

Page Fb Marcel Callo

Vous pourrez suivre, en direct sur Facebook, les manifestations organisées jeudi 19 mars 2015 à Rennes pour marquer le 70e anniversaire de la mort de Marcel Callo.

Un reportage photo vous fera vivre en direct cette journée exceptionnelle :

  • réalisation par les graffeurs de la fresque géante place Sainte-Anne,
  • visite guidée sur les pas de Marcel Callo à Rennes,
  • inauguration de la fresque,
  • Messe présidée par Mgr d’Ornellas et concert hommage à la Basilique Notre-Dame de Bonne Nouvelle.

A suivre toute la journée du 19 mars sur :
http://www.facebook.com/marcelcallo70ansapres

Note : cette page est accessible à tous, même pour ceux qui ne sont pas inscrits sur le réseau social.

Des graffeurs rendent hommage à Marcel Callo

Palissade fresque Marcel Callo
La palissade où sera peinte la fresque sur Marcel Callo, au pied de la Basilique Notre-Dame de Bonne Nouvelle, à côté de la place Sainte-Anne.

 

Le 19 mars 2015 à 18h sera inaugurée place Saint-Anne, à Rennes, une fresque de 40 mètres sur la vie de Marcel Callo. Une réalisation étonnante qui tisse un lien entre art contemporain – et éphémère ! – et un personnage historique de la Ville de Rennes. Une passerelle aussi entre la cité bretonne et la basilique Notre-Dame de Bonne Nouvelle, représentante de son histoire religieuse.

A la bombe : Mya et le collectif de graffeur rennais La Crèmerie. Des artistes qui sont déjà intervenus sur les palissades de la place Sainte-Anne. Du mercredi 18 au jeudi 19, les graffeurs vont jouer de la bombe pour représenter les grandes étapes de la vie de jeune rennais, de son enfance dans le quartier à sa mort en déportation. La fresque se situera au pied de l’escalier de la basilique, le long du Couvent des Jacobins actuellement en plein travaux. Elle sera inaugurée à 18h par Monseigneur Pierre d’Ornellas, Archevêque de Rennes, et Mme Lénaïg Briéro, Maire-Adjointe de Rennes.

Dans les jours qui suivent, une deuxième réalisation sera faite par les mêmes artistes, cette fois dans la basilique elle-même, sur le message plus spirituel de Marcel Callo. Il sera possible d’assister à la création de l’œuvre dans l’église.

> Le site du collectif La Crèmerie

> Le graffeur Mya interviewé par Thomas Gueydier sur RCF Alpha (émission Au cœur de la foi du 7 janvier 2015, 13 mn) :
http://rcf.fr/spiritualite/mia-artiste-peintre (accès gratuit après identification sur le site)

Une fresque graffée sur les palissades du Couvent des Jacobins

La réalisation d’une fresque hommage à Marcel Callo sur les palissades du chantier du Couvent des Jacobins (côté Basilique) a pour but de situer un geste de mémoire original à proximité d’un lieu central dans la vie de Marcel Callo : la Basilique de Notre-Dame de Bonne Nouvelle (autrefois appelée église Saint-Aubin).

Lieu de recueillement, où il retrouvait les siens tous les dimanches et tous les jours de la semaine avant d’aller travailler de l’autre côté de la Vilaine. Lieu d’engagement, où il rencontrait ses amis militants de la J.O.C pour réfléchir aux conditions de vie des ouvriers. Lieu romantique, où il se retrouva quelques mois avant son départ avec Marguerite pour confier à Dieu et à Notre Dame leur futur foyer… Lieu symbolique enfin, où un service funèbre pour le repos de son âme rassembla une foule immense le 12 juin 1945.

Le choix d’un art populaire (le graffe) pour rendre hommage à l’ouvrier que fut Marcel Callo est, lui aussi, significatif. Pour de multiples raisons, le jeune déporté breton est la mémoire populaire du quartier ou la mémoire du quartier populaire que fut et que demeure, d’une autre manière aujourd’hui, le quartier Sainte-Anne. En outre, le caractère éphémère de la représentation nous rappelle la fragilité du Souvenir, toujours menacé par l’oubli et la précarité de notre humanité commune, toujours à reconstruire, toujours à réinventer, jamais acquis.

Le contraste entre le street art et l’architecture de la Basilique sera renforcé par le concert de chant choral donné par le Chœur de Saint Vincent le 19 au soir. Au programme : des Psaumes chantés en français, en anglais et en allemand.

> Tous le programme du 19 mars 2015 à Rennes

Pourquoi célébrer les 70 ans de la mort de Marcel Callo ?

Marcel Callo
Marcel Callo en 1943, alors qu’il est au STO en Allemagne : il y est parti « pour s’occuper de ses camarades », toujours actif pour les regrouper et leur redonner l’espoir © Famille Callo

Célébrer le 70e anniversaire de la mort de Marcel Callo (le 19 mars 2015 à Rennes), c’est se rappeler et rappeler à la jeunesse bretonne, en particulier, la force des idéaux, la puissance de l’engagement et l’exemplarité du courage surtout quand ces idéaux, cet engagement et ce courage sont tournés vers l’entre-aide désintéressée, l’amitié fidèle et le soutien fraternel.

C’est aussi nous rappeler à tous, jeunes et vieux, le prix de la liberté que les chrétiens, parmi tant d’autres, ont payé au prix fort, dans les camps de la mort, pour que chacun puisse vivre en Paix aujourd’hui.

C’est encore nous rappeler que l’Europe en général et l’amitié franco-allemande, en particulier, se sont nouées par-delà les guerres fratricides à travers de tels itinéraires. Aujourd’hui encore, Autrichiens et Allemands viennent à Rennes sur les pas de Marcel Callo. Ils se sont mobilisé très tôt après la guerre pour faire connaître l’exemplarité du parcours de Marcel Callo. Leur rôle a été déterminant dans l’avancée du processus de canonisation du bienheureux français.

A l’heure où les contemporains de la génération sacrifiée de la seconde guerre mondiale s’éteignent, un devoir de mémoire particulièrement impérieux s’impose à nous.

Un anniversaire historique

Il y a 70 ans, le 19 mars 1945, Marcel Callo mourut dans le camp de Mauthausen. Parti de Rennes deux ans auparavant pour le S.T.O, quelques jours après avoir perdu sa sœur dans le bombardement du 8 mars 1943 sur le Champ-de-Mars, il fut arrêté le 19 avril 1944 en Allemagne pour y avoir organisé des réunions clandestines d’Action catholique.

Activité hautement suspecte, à l’époque, depuis la directive de Himmler du 30 juin 1943 sur l’encadrement de L’assistance des Eglises aux travailleurs étrangers présents dans le Reich et la Note du Chef de l’Office central de sécurité du Reich du 3 décembre 1943 contre L’activité de l’Action catholique française parmi les travailleurs civils français dans le Reich.

C’était mal connaître Marcel Callo, jeune typographe breton, travaillant depuis l’âge de 13 ans à l’Imprimerie provinciale de l’Ouest, 14 rue du Pré-Botté, que de l’imaginer mettre ses convictions dans sa poche. Les différentes responsabilités qu’il avait prises dans le scoutisme puis dans la section J.O.C. (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) de Saint-Aubin, en particulier, l’avaient même poussé à rejoindre ses amis partis en Allemagne pour les soutenir humainement et spirituellement dans l’épreuve, laissant derrière lui sa jeune fiancée Marguerite.

Jusqu’au bout, depuis l’interrogatoire dans les caves de la Gestapo jusqu’au dernières heures dans l’infirmerie pestilentielle du kommando Gusen II de Mauthausen, en passant par l’enfermement avec douze de ses compagnons dans une étroite cellule de la prison de Gotha, que les nazis appelaient ironiquement die Kirche (l’Eglise), Marcel Callo aura été un exemple de courage et d’amitié, traversant l’horreur concentrationnaire sans jamais désespérer et surtout sans jamais haïr.

Homme engagé, libre de penser, libre d’espérer, libre d’aimer malgré la barbarie, homme de foi exemplaire pour les croyants (il fut béatifié par Jean Paul II en 1987), Marcel Callo restera pour tous les Rennais comme une lueur d’humanité dans la nuit de l’Histoire.

> Mieux connaître l’histoire de Marcel Callo

 

 

 

 

Jeudi 19 mars : des jeunes Rennais chantent pour Marcel Callo

Le 19 mars à 21h, en souvenir du Bienheureux Marcel Callo, mort il y a 70 ans à Mauthausen, l’École de Chant Choral de Saint Vincent clôturera à la Basilique Notre-Dame de Bonne Nouvelle (Rennes), une journée historique par un concert exceptionnel dirigé par Gabriel André.

Au programme : Haendel, Purcell, Schütz, Gabrielli.

Entrée libre.

> Répétition de l’École de Chant Choral de Saint Vincent :

Une béatification soutenue par des Allemands !

Propos recueillis par Emmanuelle Bouler pour Église en Ille-et-Vilaine

Rose-Marie Pabel faisait partie de la délégation étrangère invitée en Ille-et-Vilaine en octobre 2007 pour le 20e anniversaire de la béatification de Marcel Callo. Elle fut, avec le Cardinal Gouyon alors archevêque de Rennes, la vice-postulatrice de la cause de béatification, pour l’Allemagne.

EIV : Pourquoi vous êtes vous intéressé à Marcel Callo ?

Rose-Marie Pabel : C’est parti d’une rencontre : j’ai rencontré il y a 50 ans maintenant un prêtre allemand qui venait de traduire la biographie de Marcel Callo. Il avait le désir de le voir un jour béatifié. Suite à cette rencontre, je me suis associée aux démarches qui ont été prises en Allemagne pour une éventuelle béatification de Marcel Callo, avec ce prêtre et d’autres mouvements catholiques tels que Pax Christi et la Joc.

Pourquoi la béatification de Marcel Callo vous tenait tant à cœur ?

J’ai senti que c’était mon devoir de le faire. C’était pour moi, et d’autres allemands, une façon de vouloir réparer les erreurs commises et de se réconcilier avec la France. Lorsque ce prêtre est décédé en 1962 j’ai continué ce qu’il avait commencé. J’ai voulu faire découvrir Marcel Callo en Allemagne, mais aussi en France, où j’ai participé à de nombreuses conférences à Nantes, à Rennes et à Vitré.

Quel est le sens de la présence de cette délégation ces jours-ci à Rennes ?

Nous venons fêter les 20 ans de la béatification de Marcel Callo, rendez-vous compte ! Cet homme de 23 ans a été béatifié à Rome. Il me semblait important que cet anniversaire soit fêté par les français, ainsi que les représentants d’autres pays qui veulent le faire connaître davantage.

Quel témoignage peut il donner aux jeunes ?

On voudrait que ce témoignage serve aux générations qui constituent l’avenir. On espère que les jeunes vont être touchés lors de la présentation du film sur sa vie, ou lors de la messe dite en sa mémoire le 7 octobre à l’église Saint-Aubin, présidée par Monseigneur d’Ornellas.

On espère qu’ils vont être incité à le suivre. Marcel Callo a été un témoin du Christ jusqu’à sa mort dans le camp de concentration de Mauthausen. C’était un homme qui rayonnait l’amour du Christ, il vivait une union mystique avec Jésus, il disait qu’il était son meilleur ami et soutien. Par sa vie, il a démontré que la foi chrétienne donne force et courage.