7-8 oct. 2017 : 30e anniversaire de la béatification de Marcel Callo

Les 7-8 octobre 2017, le diocèse de Rennes organise un weekend anniversaire pour les 30 ans de la béatification de Marcel Callo, par le pape saint Jean-Paul II.

Au programme :

  • Samedi 7 octobre, 20h, Abbatiale Notre-Dame en Saint-Melaine : veillée de louange animée par le groupe Mission et introduite par un spectacle sur la vie de Marcel Callo. Prière devant la croix d’immortelles créée par le groupe de prisonniers de Marcel en Allemagne. Une soirée animée par des jeunes et spécialement organisée pour les jeunes.
  • Dimanche 8 octobre, 10h30, Abbatiale Notre-Dame en Saint-Melaine : messe présidée par Mgr Pierre d’Ornellas en présence de délégations autrichienne, allemande et américaine. Suivi d’une cérémonie avec la maire de Rennes.

> PLUS D’INFOS sur le site du diocèse de Rennes

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Une exposition sur Marcel Callo à la Maison diocésaine de Rennes

Expo Marcel Callo

Jusqu’au 24 avril, le service des Archives historiques du diocèse de Rennes présente une exposition dans les couloirs de la Maison diocésaine, avec de nombreux documents historiques.

François-Xavier Lemercier, du service des Archives historiques du diocèse de Rennes, présente en 5 panneaux la vie du bienheureux Marcel Callo. Rapide résumé de la vie du jeune rennais, cette exposition est surtout l’occasion de présenter au public de nombreux documents conservés dans les archives du diocèse. Ces photos en noir et blanc font revivre les différentes étapes du parcours de Marcel Callo, de son enfance à sa captivité en Allemagne. Le dernier panneau évoque les hommages rendus et la célébration de sa béatification à Rome en 1987 par le pape Jean-Paul II.

> A VOIR : jusqu’au vendredi 24 avril, à la Maison diocésaine au 45 rue de Brest, à Rennes. Ouverture : 8h30-20h15 en semaine, 8h30-12h le samedi. Entrée gratuite.

Thomas Gueydier raconte Marcel Callo : 2 émissions à écouter

Thomas Gueydier a été chargé par Mgr d’Ornellas d’organiser le 70e anniversaire de la mort du bienheureux Marcel Callo, le 19 mars 2015 à Rennes. En deux émissions sur la radio RCF Alpha, il revient sur l’histoire du jeune ouvrier rennais mort en camp de concentration en Allemagne.

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ou sur http://rcf.fr/spiritualite/au-coeur-de-la-foi.

Témoignage de Fernand Morin, un compagnon de détention de Marcel Callo

Fernand Morin a croisé le chemin de Marcel Callo, dans la ville de Gotha en Allemagne. Tous deux ont partagé une cellule pendant près de deux mois, arrêtés avec 10 autres camarades pour « action catholique ». En 2000, lors du 55e anniversaire de la mort de Marcel Callo, Fernand Morin était venu raconter son histoire à Rennes.

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Fernand Morin est né en 1920. Il vivait à Flers, dans l’Orne, où il était ouvrier horloger et membre de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC).

Sa fille, Dominique, était présente le 19 mars 2015 à Rennes pour la commémoration du 70e anniversaire de la mort de Marcel Callo. En 2014, elle a rassemblé dans le livre « Résistances chrétiennes dans l’Allemagne nazie, Fernand Morin, compagnon de cellule de Marcel Callo » tous les témoignages et documents autour du groupe de Gotha, dont son père et Marcel ont fait partie, et publié des archives inédites de cette période. Elle a bien voulu nous partager les notes prises par Fernand Morin pour son témoignage à Rennes en 2000, lors d’un dîner qui réunissait les amis de Marcel Callo et une délégation du diocèse de Linz (Autriche) où se trouvait le camp de Mauthausen.

Extraits de l’intervention de Fernand Morin à Rennes le 19 mars 2000

Fernand Morin
Fernand Morin en 2005, chez lui

« Réquisitionné en octobre 1942 (avant la loi sur le service obligatoire), j’étais le seul du convoi à comprendre la langue allemande et de ce fait fut nommé interprète et responsable du groupe français de Gotha. Beaucoup de jeunes, coupés de leurs habitudes, de leurs familles, au milieu de cet exil forcé se trouvèrent désorientés et très vite les bas instincts émergèrent. Les jeunes chrétiens, JOC, JIC, JAC, scouts, séminaristes, et aumôniers bien sûrs réagirent très vite et se regroupèrent…

Par mes occupations générales, toujours inverses des heures de l’usine, je n’ai pu assister à aucune des réunions qui se firent au camp entre ces « Fédéraux » des villes voisines qui se retrouvèrent de temps à autre dans des sites différents. Le 1er avril 1944, à quelques jours de Pâques, je fus interrogé pendant 48 heures sur les noms de onze militants inscrits sur un dossier sur lequel se référaient les officiers de la Gestapo. Je pouvais donc nier en toute bonne foi et ne reconnaître que mes compagnons de Gotha, André Vallée et son frère Roger, séminariste de Mortagne, ainsi que l’abbé Lecoq ancien aumônier des prisonniers de guerre…

N’étant qu’un compagnon secondaire, ils arrêtèrent tous mes futurs compagnons et je signais un avertissement par lequel je serai arrêté moi-même au moindre écart. Je retrouvais la prison en juillet dans la cellule même de Marcel Callo, garçon jocial, direct, très mystique, chaleureux, écrivant très souvent sur des petits bouts de papier, des « lettres » qui parvinrent à sa famille, à sa fiancée, Marguerite qui tenait une grande place dans son cœur, et en dernier à ses compagnons de travail de Zella-Mellis…

Un compagnon de son ancien camp de travail avait réussi à obtenir d’un prêtre allemand, une hostie consacrée, enfermée dans une petite boite en métal… Elle a transité jusqu’à Gotha dans les poches d’un autre compagnon, Henri Choteau. Ce n’est qu’au bout de quinze jours qu’il put enfin passer son trésor dans les mains de l’abbé Lecoq, qui la partagea entre tous…

Croix immortelles
La croix, réalisée en immortelles dans la prison de Gotha, a été donnée à l’Église en 2013 par Fernand Morin comme un témoignage de l’engagement des catholiques français contre la barbarie nazie

Par un jour de juillet, les allemands eurent la bonne idée de nous réunir tous dans une grande même cellule (tous sauf un car Louis Pourtois de Besançon fut jugé trop faible pour les gros travaux et fut astreint à casser du petit bois dans la cour de la prison). Cette cellule était nommée « l’Eglise » du fait que longtemps auparavant un pasteur protestant venait évangéliser les détenus d’alors.

L’abbé Lecoq avait réussi à conserver un missel, un autre avait son chapelet, et puis il y eut aussi ce bouquet d’immortelles que Camille Millet rentra clandestinement et dont il façonna une croix. Fixée au mur, elle fut bénie par Jean Lecoq…Elle est rentrée en France intacte, devenant ainsi le symbole de notre résistance spirituelle.

Puis un soir, ils furent informés du départ matinal pour Buchenwald et Dachau. Je restais là encore pour quelques semaines. Le désir de tous était de se retrouver après la guerre tous autour de la croix. Je la sortis clandestinement le lendemain matin, la remis à un prisonnier de guerre qui m’est resté toujours inconnu, en le priant de la rentrer en France et d’en prendre soin. Les compagnons ne purent entrer à Buchenwald et furent acheminés au camp de Flossenbourg…

Marcel Callo porte en lui ses compagnons de misère. Sa foi s’est enrichie comme chacun de l’union avec les autres. Son rayonnement continue dans les communautés de paroisses nouvelles qui portent son nom bien au-delà de la France… »

EN SAVOIR PLUS :

  • L’expérience de Fernand Morin est racontée par sa fille, Dominique Morin, dans le livre « Résistances chrétiennes dans l’Allemagne nazie. Fernand Morin, compagnon de cellule de Marcel Callo ». Éditions Karthala, 2014.

Pourquoi célébrer les 70 ans de la mort de Marcel Callo ?

Marcel Callo
Marcel Callo en 1943, alors qu’il est au STO en Allemagne : il y est parti « pour s’occuper de ses camarades », toujours actif pour les regrouper et leur redonner l’espoir © Famille Callo

Célébrer le 70e anniversaire de la mort de Marcel Callo (le 19 mars 2015 à Rennes), c’est se rappeler et rappeler à la jeunesse bretonne, en particulier, la force des idéaux, la puissance de l’engagement et l’exemplarité du courage surtout quand ces idéaux, cet engagement et ce courage sont tournés vers l’entre-aide désintéressée, l’amitié fidèle et le soutien fraternel.

C’est aussi nous rappeler à tous, jeunes et vieux, le prix de la liberté que les chrétiens, parmi tant d’autres, ont payé au prix fort, dans les camps de la mort, pour que chacun puisse vivre en Paix aujourd’hui.

C’est encore nous rappeler que l’Europe en général et l’amitié franco-allemande, en particulier, se sont nouées par-delà les guerres fratricides à travers de tels itinéraires. Aujourd’hui encore, Autrichiens et Allemands viennent à Rennes sur les pas de Marcel Callo. Ils se sont mobilisé très tôt après la guerre pour faire connaître l’exemplarité du parcours de Marcel Callo. Leur rôle a été déterminant dans l’avancée du processus de canonisation du bienheureux français.

A l’heure où les contemporains de la génération sacrifiée de la seconde guerre mondiale s’éteignent, un devoir de mémoire particulièrement impérieux s’impose à nous.

Un anniversaire historique

Il y a 70 ans, le 19 mars 1945, Marcel Callo mourut dans le camp de Mauthausen. Parti de Rennes deux ans auparavant pour le S.T.O, quelques jours après avoir perdu sa sœur dans le bombardement du 8 mars 1943 sur le Champ-de-Mars, il fut arrêté le 19 avril 1944 en Allemagne pour y avoir organisé des réunions clandestines d’Action catholique.

Activité hautement suspecte, à l’époque, depuis la directive de Himmler du 30 juin 1943 sur l’encadrement de L’assistance des Eglises aux travailleurs étrangers présents dans le Reich et la Note du Chef de l’Office central de sécurité du Reich du 3 décembre 1943 contre L’activité de l’Action catholique française parmi les travailleurs civils français dans le Reich.

C’était mal connaître Marcel Callo, jeune typographe breton, travaillant depuis l’âge de 13 ans à l’Imprimerie provinciale de l’Ouest, 14 rue du Pré-Botté, que de l’imaginer mettre ses convictions dans sa poche. Les différentes responsabilités qu’il avait prises dans le scoutisme puis dans la section J.O.C. (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) de Saint-Aubin, en particulier, l’avaient même poussé à rejoindre ses amis partis en Allemagne pour les soutenir humainement et spirituellement dans l’épreuve, laissant derrière lui sa jeune fiancée Marguerite.

Jusqu’au bout, depuis l’interrogatoire dans les caves de la Gestapo jusqu’au dernières heures dans l’infirmerie pestilentielle du kommando Gusen II de Mauthausen, en passant par l’enfermement avec douze de ses compagnons dans une étroite cellule de la prison de Gotha, que les nazis appelaient ironiquement die Kirche (l’Eglise), Marcel Callo aura été un exemple de courage et d’amitié, traversant l’horreur concentrationnaire sans jamais désespérer et surtout sans jamais haïr.

Homme engagé, libre de penser, libre d’espérer, libre d’aimer malgré la barbarie, homme de foi exemplaire pour les croyants (il fut béatifié par Jean Paul II en 1987), Marcel Callo restera pour tous les Rennais comme une lueur d’humanité dans la nuit de l’Histoire.

> Mieux connaître l’histoire de Marcel Callo

 

 

 

 

Une béatification soutenue par des Allemands !

Propos recueillis par Emmanuelle Bouler pour Église en Ille-et-Vilaine

Rose-Marie Pabel faisait partie de la délégation étrangère invitée en Ille-et-Vilaine en octobre 2007 pour le 20e anniversaire de la béatification de Marcel Callo. Elle fut, avec le Cardinal Gouyon alors archevêque de Rennes, la vice-postulatrice de la cause de béatification, pour l’Allemagne.

EIV : Pourquoi vous êtes vous intéressé à Marcel Callo ?

Rose-Marie Pabel : C’est parti d’une rencontre : j’ai rencontré il y a 50 ans maintenant un prêtre allemand qui venait de traduire la biographie de Marcel Callo. Il avait le désir de le voir un jour béatifié. Suite à cette rencontre, je me suis associée aux démarches qui ont été prises en Allemagne pour une éventuelle béatification de Marcel Callo, avec ce prêtre et d’autres mouvements catholiques tels que Pax Christi et la Joc.

Pourquoi la béatification de Marcel Callo vous tenait tant à cœur ?

J’ai senti que c’était mon devoir de le faire. C’était pour moi, et d’autres allemands, une façon de vouloir réparer les erreurs commises et de se réconcilier avec la France. Lorsque ce prêtre est décédé en 1962 j’ai continué ce qu’il avait commencé. J’ai voulu faire découvrir Marcel Callo en Allemagne, mais aussi en France, où j’ai participé à de nombreuses conférences à Nantes, à Rennes et à Vitré.

Quel est le sens de la présence de cette délégation ces jours-ci à Rennes ?

Nous venons fêter les 20 ans de la béatification de Marcel Callo, rendez-vous compte ! Cet homme de 23 ans a été béatifié à Rome. Il me semblait important que cet anniversaire soit fêté par les français, ainsi que les représentants d’autres pays qui veulent le faire connaître davantage.

Quel témoignage peut il donner aux jeunes ?

On voudrait que ce témoignage serve aux générations qui constituent l’avenir. On espère que les jeunes vont être touchés lors de la présentation du film sur sa vie, ou lors de la messe dite en sa mémoire le 7 octobre à l’église Saint-Aubin, présidée par Monseigneur d’Ornellas.

On espère qu’ils vont être incité à le suivre. Marcel Callo a été un témoin du Christ jusqu’à sa mort dans le camp de concentration de Mauthausen. C’était un homme qui rayonnait l’amour du Christ, il vivait une union mystique avec Jésus, il disait qu’il était son meilleur ami et soutien. Par sa vie, il a démontré que la foi chrétienne donne force et courage.

Bienheureux Marcel Callo, un jeune témoin de l’espérance

Ce  19 mars  2015,  nous  fêtons  à Rennes le  70e   anniversaire  de  la  mort  de Marcel  Callo. Un évènement qui concerne les jeunes chrétiens d’aujourd’hui, qui se mobiliseront ces jours là et dans les semaines suivantes. Deux témoignages…

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Marcel Callo, au milieu de ses compagnons d’ateliers à Rennes ou en prison en Allemagne, ne pouvait s’empêcher de partager son espérance.

Jean-Paul II l’a donné comme modèle pour la jeunesse d’Europe

Sa mort est à l’image de sa vie, toute entière  tournée  vers  le  Christ  en  toute simplicité,  comme  en  témoigne  le  colonel Tibodo,  un  camarade  bouleversé  devant l’attitude de Marcel Callo au moment de sa mort : « J’ai  connu  Marcel  Callo  pendant  quelques heures seulement, celles qui ont précédé sa mort  en  mars 1945,  un  mois  et  demi  avant la libération. Je ne l’ai connu qu’aux dernières heures de sa vie : il est mort en quelque sorte dans mes bras. […] Si moi, parpaillot, qui ai vu des milliers de prisonniers mourir, j’ai été frappé par le regard de Marcel Callo, c’est qu’il y avait en lui quelque chose d’extraordinaire. Ce me fut une révélation : son regard était plutôt un regard d’espoir, l’espoir d’une vie nouvelle, il exprimait une conviction profonde qu’il partait vers le bonheur. C’était un acte de foi et d’espérance vers une vie meilleure. Je n’ai jamais vu chez un moribond un regard comme le sien ».

À travers ses engagements successifs dans la Croisade Eucharistique — aujourd’hui devenu le Mouvement Eucharistique des Jeunes —, les Scouts, puis la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, Marcel Callo a grandi dans la proximité avec le  Christ,  et  avec  le  désir  de  vivre  sa  foi  au quotidien, dans tous les moments de sa vie. En 1988, Jean-Paul II l’a donné comme modèle pour la jeunesse d’Europe. Dans sa simplicité et son engagement, il continue de nous inspirer.

Gabrielle Wassmer
Responsable diocésaine Pastorale jeunes

Marcel Callo est pour moi un exemple à suivre

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Jeu scénique par des jeunes de la JOC lors du 60e anniversaire de la mort de Marcel Callo, à l’église Saint-Yves de la paroisse Marcel Callo de Rennes. Mars 2005.

Je lis beaucoup de livres sur lui et je suis admiratif de son service auprès des jeunes jocistes rennais. C’est lui qui a ouvert le chemin de la JOC de Rennes et aujourd’hui nous tous, jocistes, sommes reconnaissants pour ce qu’il a fait.

À la lecture d’un livre, j’ai découvert que, lors des temps forts, Marcel avait l’habitude d’être toujours en retard parce qu’il avait été chercher directement le jeune chez lui et lui disait de venir. La JOC de Rennes est toujours marquée par cette habitude d’aller vers les jeunes et leur dire « viens et vois », comme Marcel.

L’autre jour, je suis allé voir des jeunes de CAP vente et j’ai été surpris de voir qu’ils n’arrivaient pas à faire groupe mais, à la fin de la rencontre, ils ont réussi à choisir une date pour faire un goûter. C’est pour cela que, depuis 2009, je fais de la JOC. Peut-être que mon action n’était pas une des plus grandes mais cette simple intervention a peut-être changé 30 jeunes.

Corentin Fargeaud,
Trésorier de fédération de la JOC 35 (Jeunesse Ouvrière Chrétienne)