Pourquoi célébrer les 70 ans de la mort de Marcel Callo ?

Marcel Callo
Marcel Callo en 1943, alors qu’il est au STO en Allemagne : il y est parti « pour s’occuper de ses camarades », toujours actif pour les regrouper et leur redonner l’espoir © Famille Callo

Célébrer le 70e anniversaire de la mort de Marcel Callo (le 19 mars 2015 à Rennes), c’est se rappeler et rappeler à la jeunesse bretonne, en particulier, la force des idéaux, la puissance de l’engagement et l’exemplarité du courage surtout quand ces idéaux, cet engagement et ce courage sont tournés vers l’entre-aide désintéressée, l’amitié fidèle et le soutien fraternel.

C’est aussi nous rappeler à tous, jeunes et vieux, le prix de la liberté que les chrétiens, parmi tant d’autres, ont payé au prix fort, dans les camps de la mort, pour que chacun puisse vivre en Paix aujourd’hui.

C’est encore nous rappeler que l’Europe en général et l’amitié franco-allemande, en particulier, se sont nouées par-delà les guerres fratricides à travers de tels itinéraires. Aujourd’hui encore, Autrichiens et Allemands viennent à Rennes sur les pas de Marcel Callo. Ils se sont mobilisé très tôt après la guerre pour faire connaître l’exemplarité du parcours de Marcel Callo. Leur rôle a été déterminant dans l’avancée du processus de canonisation du bienheureux français.

A l’heure où les contemporains de la génération sacrifiée de la seconde guerre mondiale s’éteignent, un devoir de mémoire particulièrement impérieux s’impose à nous.

Un anniversaire historique

Il y a 70 ans, le 19 mars 1945, Marcel Callo mourut dans le camp de Mauthausen. Parti de Rennes deux ans auparavant pour le S.T.O, quelques jours après avoir perdu sa sœur dans le bombardement du 8 mars 1943 sur le Champ-de-Mars, il fut arrêté le 19 avril 1944 en Allemagne pour y avoir organisé des réunions clandestines d’Action catholique.

Activité hautement suspecte, à l’époque, depuis la directive de Himmler du 30 juin 1943 sur l’encadrement de L’assistance des Eglises aux travailleurs étrangers présents dans le Reich et la Note du Chef de l’Office central de sécurité du Reich du 3 décembre 1943 contre L’activité de l’Action catholique française parmi les travailleurs civils français dans le Reich.

C’était mal connaître Marcel Callo, jeune typographe breton, travaillant depuis l’âge de 13 ans à l’Imprimerie provinciale de l’Ouest, 14 rue du Pré-Botté, que de l’imaginer mettre ses convictions dans sa poche. Les différentes responsabilités qu’il avait prises dans le scoutisme puis dans la section J.O.C. (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) de Saint-Aubin, en particulier, l’avaient même poussé à rejoindre ses amis partis en Allemagne pour les soutenir humainement et spirituellement dans l’épreuve, laissant derrière lui sa jeune fiancée Marguerite.

Jusqu’au bout, depuis l’interrogatoire dans les caves de la Gestapo jusqu’au dernières heures dans l’infirmerie pestilentielle du kommando Gusen II de Mauthausen, en passant par l’enfermement avec douze de ses compagnons dans une étroite cellule de la prison de Gotha, que les nazis appelaient ironiquement die Kirche (l’Eglise), Marcel Callo aura été un exemple de courage et d’amitié, traversant l’horreur concentrationnaire sans jamais désespérer et surtout sans jamais haïr.

Homme engagé, libre de penser, libre d’espérer, libre d’aimer malgré la barbarie, homme de foi exemplaire pour les croyants (il fut béatifié par Jean Paul II en 1987), Marcel Callo restera pour tous les Rennais comme une lueur d’humanité dans la nuit de l’Histoire.

> Mieux connaître l’histoire de Marcel Callo

 

 

 

 

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